Emigration USA: Les migrants démunis bientôt interdits de visas et de cartes vertes par Trump

Les visas et les cartes vertes de résidents temporaires américains seront refusés à partir du 15 Octobre aux personnes ne disposant pas de revenus suffisants ou bénéficiant d’aides sociales, de bons d’alimentation, d’aide au logement ou de la couverture Medicaid. Si elles ont déjà une carte verte, ils ne pourront pas obtenir la nationalité américaine. Stephen Miller, conseiller de Donald Trump, a mis au point cette mesure qui concernera plusieurs centaines de milliers de personnes défavorisées et entrera en vigueur le 15 octobre 2019. La mesure fait partie de la politique engagée par Trump afin de limiter l’immigration par la sélection, question qu’il entend placer au centre de la campagne pour sa réélection en 2020.

En mai 2019, Donald Trump annonçait déjà une vaste réforme du système d’immigration légale aux Etats-Unis, destinée à sélectionner les étrangers sur la base de leur « mérite » et non plus en raison de leurs liens familiaux.

Bien que cette nouvelle règle se fonde sur l’Immigration Act de 1882 qui autorise le gouvernement des Etats-Unis à refuser un visa à toute personne susceptible de devenir « une charge publique », cette dernière concerne désormais tout migrant qui reçoit une ou plusieurs aides sociales pendant plus de douze mois sur une période de trente-six mois.

En effet, la plupart des immigrants aux Etats-Unis n’étant pas éligibles aux programmes d’aides sociales tant qu’ils n’ont pas obtenu un permis de résident, la « carte verte » qui fixe leur statut juridique, la nouvelle mesure dévoilée par l’administration Trump élargit la notion de « charge publique » afin d’y inclure un plus grand nombre de bénéficiaires des aides sociales.

La définition d’aide publique est elle aussi élargie et englobe quasiment toutes les prestations du Medicaid (couverture maladie qui concerne les personnes à faibles revenus, soit environ 74 millions d’Américains) ainsi qu’un grand nombre d’aides au logement.

Ces mesures ciblent des millions de travailleurs majoritairement hispaniques, mal rémunérés et jugés susceptibles de devenir des « charges pour la société ». Elle pourrait affecter 22 millions d’étrangers résidant légalement dans le pays, ainsi que quelque 10 millions d’immigrants installés illégalement aux Etats-Unis, souvent depuis des années.

Selon une étude du centre de recherche Urban Institute publiée en juillet 2019, les nouveaux immigrants aux Etats-Unis ont déjà renoncé à des aides publiques depuis que les informations sur le possible renforcement de la règle des « charges pour la société » ont commencé à circuler l’an dernier.

Considérant que cette mesure était motivée par la discrimination raciale, le Centre national du droit à l’immigration (NILC) va contester cette mesure devant les tribunaux et le congrès qui a le pouvoir de mettre un terme à ce plan cruel en refusant que des fonds fédéraux soient utilisés pour punir des personnes qui prennent soin de leur famille. Dans ce cadre, une campagne est lancée par des centaines d’organisations diverses , dont CLASP (The Center for Law and Social Policy), engagées à faire entendre la voix des immigrants et à plaider en faveur de politiques d’immigration sans cruauté aux USA.

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