LA LUTTE CONTRE L’INSÉCURITÉ PASSE PAR UNE MUTUALISATION DES EFFORTS, SELON UN DIPLOMATE

L’ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, Dr Tulinabo S. Mushingi a souligné, mardi, l’importance de la mutualisation des efforts dans la lutte contre l’insécurité dans un contexte ’’de grandes mutations socio-politiques sur le plan global et régional, marqué par des menaces multidimensionnelles’’.
’’Pour notre part (….), nous demeurons convaincus que la lutte contre l’insécurité ne sera gagnée que dans un environnement favorable à la coopération, la collaboration et la mutualisation de nos efforts et de nos moyens’’, a-t-il déclaré à l’occasion de la conférence nationale sur la sécurité collaborative.
La rencontre est organisée par l’Institut des États-Unis pour la Paix (USIP), avec le soutien du Bureau des affaires internationales de stupéfiants et du maintien de l’ordre (INL) du Département d’ État américain.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par l’Ambassadeur des États-Unis, Tulinabo Mushingi, et le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome.
Dans un document de presse, l’ambassade américaine explique que la conférence de deux jours ’’a pour objectif  de soutenir le gouvernement du Sénégal dans ses efforts pour le renforcement de la sécurité, notamment par le biais de la collaboration et du partenariat entre les services de sécurité et la population’’.
Elle réunit plus de 70 acteurs de haut niveau issus des forces et institutions de sécurité, des ministères et directions clés, de l’Assemblée nationale, des organisations de la société civile, des acteurs communautaires, et des instituts d’études stratégiques et de recherche, autour d’une dynamique de concertation et de dialogue pour le renforcement de la sécurité collaborative au Sénégal.
La même source souligne que ’’l’approche de la sécurité collaborative vise une action sécuritaire adaptée au contexte et aux besoins locaux, basée sur un partenariat entre les services de sécurité et les populations, pour renforcer la sécurité humaine et répondre aux problèmes de sécurité’’.
Dans son allocution, le diplomate américain a soutenu que ’’la sécurité doit être une affaire de tous dans le contexte actuel de grandes mutations socio-politiques sur le plan global et régional, marqué par des menaces multidimensionnelles’’.
Les défis sécuritaires notamment la grande criminalité et le terrorisme ’’apparaissant comme l’un des problèmes les plus sérieux des démocraties modernes comme le Sénégal’’, affirme-t-il.
Face à ce phénomène, ’’une lutte efficace ne peut être déclenchée que de manière exhaustive, collaborative et inclusive’’, a-t-il déclaré.
L’ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, à ce titre, a magnifié les efforts consentis par l’Etat du Sénégal dans la mise en œuvre de la gouvernance sécuritaire, à travers le Plan Sénégal Emergent (PSE), lequel ’’a placé à juste titre la sécurité publique au cœur des problématiques et des enjeux d’émergence et de développement du pays’’.
Il a également évoqué la ’’Lettre de politique sectorielle’’ du ministère de l’Intérieur, qui préconise ’’un réajustement stratégique en tirant parti de la politique de sécurité de proximité bâtie autour de la prévention et du partenariat actif entre l’État, les collectivités locales, les communautés et les acteurs de la vie sociale’’.
Selon lui, c’est fort de ce constat et s’inscrivant dans le sillage du cadrage stratégique du gouvernement du Sénégal que l’Ambassade des États-Unis au Sénégal a trouvé depuis tantôt cinq ans, son appui à la mise en œuvre de la gouvernance sécuritaire de proximité à travers les programmes Dialogues sur la Justice et la Sécurité (JSD), la Stratégie de police de proximité (COPS) et Initiative pour la Sécurité routière au Sahel, entre autres.
Et dans le cadre de la mise en œuvre de ces différents projets, ’’des efforts particuliers ont été déployés pour le renforcement de la gouvernance de la sécurité (…) à travers la mise en place d’instances de concertation et de dialogue visant à améliorer la collaboration entre les services de sécurité intérieure, la population et les organisations civiques et religieuses’’, a-t-il avancé.
Cette orientation s’est traduite, selon lui, par ’’l’adoption par la Police, la Gendarmerie et l’ASP d’une doctrine harmonisée de police de proximité et par l’élaboration de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la délinquance juvénile et la création par l’ASP de mécanismes communaux et départementaux de sécurité de proximité’’.
Au niveau local, ajoute-il, des initiatives pilotes de renforcement de la sécurité collaborative ont été lancées pour créer des dynamiques de concertation locale sur les questions de sécurité sur la base des diagnostics locaux de sécurité (DLS) et des contrats locaux de sécurité (CLS).
Toutefois, Dr Tulinabo S. Mushingi est persuadé que malgré tous ces efforts, les populations, la société civile, ’’insuffisamment engagés dans les débats, réformes et initiatives nationales’’ ayant trait à la sécurité, ’’restent peu conscientes du rôle qu’elles peuvent jouer pour combattre l’insécurité’’.
’’Il nous faut, plus que jamais, saisir l’opportunité de cette conférence, pour nous engager individuellement et collectivement à faire de la lutte contre l’insécurité, sous toutes ses formes, une priorité en vue de la consolidation de la paix, la stabilité et la cohésion sociale qui sont des conditions indispensables à l’émergence économique’’, a-t-il déclaré.

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