L’Ethiopie a envoyé avec succès un nouveau satellite dans l’espace, un pas important pour l’industrie spatiale africaine

L’Ethiopie, a lancé avec succès son premier satellite ETRSS-1 dans l’espace, vendredi 20 décembre, faisant du pays le onzième pays africain à rejoindre la constellation en orbite. L’Égypte fut le précurseur du continent, avec un premier lancement en 1998. Il s’agit du huitième lancement réussi d’un satellite africain en 2019. « Nous pouvons affirmer que 2019 est la meilleure année de l’histoire de l’industrie spatiale africaine », a déclaré à l’AFP Temidayo Oniosun, directeur général de Space in Africa, une société nigériane qui suit les programmes spatiaux du continent. Rappelons qu’en 2018, sept appareils étaient mis en orbite par des pays du continent en 2018, avec les trois principales puissances spatiales que sont l’Egypte, le Nigéria et l’Afrique du sud en tête du peloton.

Ainsi, le continent ne cesse de revoir ses ambitions à la hausse dans le secteur illustrées par l’annonce, en janvier 2019, de la création d’une Agence spatiale africaine, dont le siège devrait être installé en Egypte. D’ailleurs en 2016, le Nigéria a fait part de sa volonté d’envoyer un homme dans l’espace d’ici à 2030.

Cependant le continent reste encore dépendant des grandes puissances spatiales pour le développement de son propre programme. Depuis 1998, aucun des 41 satellites africains lancés ne l’ont été depuis le sol africain : ETRSS-1 a été lancé depuis la Chine, d’autres satellites africains ont été lancés depuis la Guyane française et les États-Unis.

Ces satellites d’observation africains offrent des renseignements précieux à des pays manquant souvent d’infrastructures : dans des zones reculées, les services de télémédecine permis par les appareils en orbite pallient le manque d’hôpitaux ; au Nigeria, les données satellitaires sont exploitées dans la lutte contre les djihadistes de Boko Haram ; lors de catastrophes climatiques, à l’instar des inondations ayant touché l’Afrique du sud en 2013, les données de l’agence spatiale locale ont permis de coordonner rapidement l’aide au sol. Enfin, dans le cas éthiopien, le nouveau satellite permettra d’améliorer les prévisions météorologiques, la connaissance des ressources forestières et minières du pays ainsi que la transformation agricole, de sources officielles.

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