Mali – Lutte contre le terrorisme, paix et réconciliation : Des défis majeurs que le Mali peine à relever, devenant une menace pour la stabilité de la sous région ouest africaine

Depuis 2012, le Mali fait face à une instabilité causée par des problèmes internes, des attaques terroristes islamistes issues de la situation en Libye et les difficultés à mettre en œuvre l’accord d’Alger pour la paix et la réconciliation du pays, devenant le bastion du terrorisme dans la sous-région.

Malgré les efforts déployés par les autorités, le Mali n’est pas parvenu à mettre en place un dispositif préventif de protection efficace contre les groupes djihadistes armés. Le G5 Sahel peine à être opérationnel et l’application de l’accord d’Alger expérimente des accusations réciproques de fossoyeurs entre parties prenantes AZAWAD, Etat, CEDEAO.

Cette situation fait qu’aujourd’hui, les attentats continuent et le Mali, ni aucun pays de l’Afrique de l’Ouest n’est à l’abri de menace terroriste. En effet, les djihadistes, profitant de la libre circulation des personnes et des biens, se sont mélangés avec les populations qu’ils prennent souvent en otages et sont mêmes parvenues à contrôler certaines zones à cause de l’incapacité de certains états, faute de moyens, à sécuriser les vastes territoires sous leur contrôle.

L’une des difficultés dont fait face le Mali réside dans le manque de confiance entre acteurs de l’accord de paix et réconciliation issu du processus d’Alger. En effet le HCUA, HAUT CONSEIL POUR L’UNITÉ DE L’AZAWAD, a dénoncé avec énergie dans un communiqué de Almou Ag Mohamed, son Porte-parole « l’incrimination directe des hauts responsables de notre organisation à Niamey après un déblayage planifié à Ouagadougou ».

Le HCUA a saisi l’occasion pour démentir formellement les allégations menés par le Président du Niger, Issoufou Mahamadou, incriminant son Secrétaire Général nommément cité ainsi qu’une partie de son staff militaire tel que Chafai AG BOUHADA et Alhousseiny Ag Ahmedou, rappellant que  la CMA (Coordination des Mouvements de l’AZAWAD) avait mis en garde toutes les parties et dégagé sa responsabilité contre les agissements isolés d’individus qui peuvent se réclamer de son obédience. Il accuse à son tour le Président Issoufou d’être l’allié des terroristes et des narcotrafiquants qui les financent selon des enquêtes publiées dans la presse. « Le HCUA s’interroge sérieusement sur le tempo et le timing des réquisitoires tapageurs et politiquement incorrects depuis un moment, repris à Bamako pour  déboucher sur l’incrimination directe des hauts responsables de notre organisation à Niamey après un déblayage planifié à Ouagadougou », déclare son porte-parole dans le communiqué.

Enfin, le HCUA convie les responsables du gouvernement du Mali à prioriser des actions salutaires et combattre par tous les moyens, tous les ennemis de la paix « au-dedans et au dehors » pour installer une paix apurée de tous pendants vicieux qui remettent en cause sa durabilité pour le bien de tous les maliens.

L’autre difficulté du Mali réside dans la lutte contre les groupes djihadistes qui lui infligent d’énormes pertes en vies humaines. Cette difficulté est accentuée par la porosité des frontières avec le Niger et le Burkina Faso.

Selon certaines informations obtenues en fin Septembre 2019 auprès de proches de l’armée burkinabé, plusieurs villes sont déjà hors de contrôle de l’État. Par conséquent, la situation sécuritaire est alarmante dans la province de Soum, frontalière avec le Mali et non loin du Niger.

En effet, suite à un repli stratégique de l’armée Burkinabé de plusieurs positions, la zone est devenue un no man’s land qu’occupent les terroristes dont les bases arrière se trouvent à Kidal au mali, situé à moins d’une journée de la ville de Djibo, abritant le dernier poste militaire encore sous contrôle de l’armée du Burkina Faso.

D’autre part, Djibo, ce province de Soum, situé à seulement 7 h de route de Niamey, présente un danger pour le Niger qui souhaiterait couper les terroristes de tout accès à ce repaire qu’est devenu l’enclave de Kidal, protégée actuellement par les forces françaises de l’opération barkhane.

Désormais, les djihadistes très bien armés et évoluant en terrain propice attaquent frontalement les convois et les camps militaires.

Ainsi, dans la matinée du jeudi 26 septembre 2019, une mission des FAMa, qui escortait deux commissions d’engrais de Douentza à Sevaré, est tombée dans une embuscade au carrefour de Batoma, aux environs de 10 heures 45mn. Un véhicule du convoi a d’abords été détruit par un Engin Explosif Improvisé (EEI), puis s’en suivirent des échanges de tirs ayant entrainés 7 pertes en vies humaines.

Quelques jours plus tard, vers fin Septembre, des terroristes ont lancés des attaques contre une compagnie FAMa de la force conjointe du G5 Sahel à Boulkessi et Mondoro.

En réaction à ses attaques meurtrières, le Gouvernement de la République du Mali a procédé selon son Ministre porte-parole, Yaya Sangaré, au déploiement des Forces Spéciales maliennes le 30 Septembre 2019, dans la zone des combats. Ces opérations ont permis aux FAMa, sous les tirs des terroristes, de réoccuper le camp de Boulkessi, dès le soir du mardi 1er Octobre 2019. Le bilan dans les rangs des FAMa fut lourd. Il faisait état de  25 morts et 4 blessés, une soixantaine de disparus et de lourdes pertes en matériels. Quant aux terroristes, ils ont enregistrés la perte de plus de 15 hommes et 5 véhicules détruits par des frappes aériennes en renfort.

Face à ces pertes qui ont sapées un moment le moral de certains militaires qui ont dénoncé leurs conditions de travail, il urge de mettre en œuvre d’urgence les accords de paix d’Alger ou d’utiliser de manière concertée la force des armées individuellement ou celle du G5 Sahel, pour instaurer une paix durable au Mali et dans la sous-région Ouest africaine. Pour cela la CEDEAO a un rôle capital à jouer.

AS

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