SENSEC-UE : Comment le Sénégal a renforcé son dispositif de lutte contre le crime organisé et le terrorisme

Le terrorisme, le blanchiment de capitaux, le trafic de drogue, le trafic de migrants, la traite des personnes, la contrefaçon de médicaments, le trafic et la circulation d’armes légères et de petits calibres. Autant de fléaux qui sévissent dans le Sahel, mais aussi en Afrique de l’Ouest. «Notre pays n’est pas totalement à l’abri », a reconnu le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome. Il a co-présidé, ce jeudi 27 mai, la cérémonie de clôture des travaux du dernier comité de pilotage du programme de coopération de la sécurité intérieure entre le Sénégal et l’Union européenne (SENSEC-UE).
« Dans un contexte mondial marqué par la prégnance de menaces aux contours diffus, la garantie et la prise en charge correcte de la sécurité sont devenues un défi majeur auxquelles tous les Etats doivent faire face quotidiennement. Conscient des enjeux, le Sénégal a consenti des efforts considérables pour un meilleur maillage du territoire national, un renforcement des moyens d’actions, des forces de défense et sécurité», a renseigné le ministre.
 
900 personnes entre policiers, gendarmes et douaniers formés
 
En effet, écrit seneweb, ce présent programme financé par l’UE à hauteur de 10 millions d’euros (6 milliards 550 millions F Cfa) a duré de 2017 à fin mai 2021. Selon la représentante de l’EU au Sénégal, Irène Mingasson, il s’agissait de mettre en place des outils qui devraient permettre aux forces de sécurité intérieure de rationaliser, d’optimiser la gestion des ressources humaines, logistiques et financières. Ceci, pour avoir une meilleure capacité opérationnelle dans le maintien de l’ordre et de la stabilité du pays
 
Ainsi, dit-elle, malgré la pandémie de la Covid-19, le projet a pu assurer la formation de 900 personnes entre policiers, gendarmes et douaniers, la création du nouveau Centre de formation national de police judiciaire au bénéfice de la gendarmerie nationale, la mise en place d’un dispositif de surveillance et de contrôle des frontières terrestres et maritimes à travers la construction de quatre postes frontaliers conjoints police/douanes, trois antennes de la Division nationale pour le trafic des migrants, deux hangars aériens et deux détachements fluviaux.
 
Il s’y ajoute la fourniture de l’équipement nécessaire pour le bon fonctionnement des unités opérationnelles en charge des missions de surveillance des frontières et de lutte contre le crime organisé notamment 157 moyens roulants, quatre vedettes, 27 drones de capacités différentes ainsi que le matériel informatique et bureautique. Le programme a aussi permis la construction d’un Commissariat-pilote à Mbao conçu de manière à constituer un modèle en matière d’accueil et d’accès à la justice pour les populations vulnérables.
 
Sécurisation des frontières, une meilleure pratique établie
 
Toutefois, pour Irène Mingasson, l’importance accordée à la formation résulte de l’approche globale de l’UE consciente des lourdes responsabilités qui incombent aux forces de sécurité et qui exigent un comportement adéquat exemplaire pour maintenir l’ordre tout en assurant la protection des citoyens et le respect de leurs droits fondamentaux, y compris dans des circonstances exceptionnelles et très difficiles. « Nous l’avons constaté lors des manifestations qui ont éclaté au Sénégal au début du mois de mars », a-t-elle fait remarquer.
 
Dans ce même registre, la représentante de l’UE au Sénégal de soutenir que ce qui illustre plus que tout la valeur ajoutée de cette coopération surtout dans le domaine de la sécurisation des frontières, est la coopération inter-agences et interservices dans la gestion intégrée des frontières. « Elle n’a pas été renforcée, elle est devenue une pratique incontournable », s’est-elle enorgueillie.

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