TICAD7 : Vers une coopération plus efficace entre le Japon et l’Afrique

La TICAD (Tokyo International Conference on African Development), Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique, est créée en 1993 afin de promouvoir un dialogue politique de haut niveau entre les dirigeants africains et leurs partenaires dans le domaine du développement. Sous l’égide (la houlette) du Japon, les sommets sont co-organisés par les Nations Unies, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la Banque mondiale et la Commission de l’Union africaine.

Organisé jusqu’en 2013 tous les cinq ans au Japon, ce sommet se tient désormais tous les trois ans en alternance entre l’Afrique et le Japon. C’est ainsi que la TICAD VI, la première édition de la TICAD en Afrique, s’est tenue en 2016 à Nairobi au Kenya. Cette belle initiative a donné l’occasion aux africains de mieux participer aux orientations des axes de développement du continent, en concertations avec leurs partenaires composés principalement d’hommes d’affaires des secteurs public et privé et d’universitaires du Japon. Il en est lors de la TICAD7, septième conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique, qui s’est tenue à Yokohama (Japon) du 28 au 30 août 2019.

Ce sommet, plateforme d’échanges entre les chefs d’État et de gouvernement et les délégations du Japon ainsi que les États membres de l’Union africaine et les représentants des organisations intergouvernementales africaines, les organisations internationales, régionales et les pays partenaires ainsi que les organisations du secteur privé et de la société civile du Japon et d’Afrique, place de facto le Japon au centre de la promotion d’un dialogue international pour le développement de l’Afrique.

L’Empire de l’Est a mis à profit ce sommet pour s’engager sur des approches innovantes telles que les concepts d’appropriation africaine et de partenariat international, la mise en place de mécanismes de suivi pour mesurer l’avancement des programmes et des projets.

Le Japon pour des projets mesurés en termes d’investissements et supportables en termes  d’endettement par les pays africains

Le pays du Soleil levant opte pour des infrastructures financièrement « abordables » dans le cadre de sa stratégie de coopération avec l’Afrique, exposée devant un parterre de présidents de 50 pays africains, des représentants de l’ONU, de la Banque mondiale et de l’Union africaine présents à Yokohama lors de cette 7e Ticad.

Les dirigeants japonais expliquent cette posture par le fait qu’ils veulent éviter un surendettement du continent qui plomberait son développement à cause de projets grandioses dépassant financièrement les capacités des pays, allant jusqu’à les rendre dépendant de leur investisseurs.  C’est le lieu de citer le cas de la chine, de la Corée et  des pays de l’Union européenne qui interviennent en Afrique dans de tels projets.

Le Japon s’engage à soutenir l’Agenda 2063 de l’UA et ses programmes et projets Phares

Contrairement à ces pays, les dirigeants japonais considère la TICAD comme un moyen de développer  une relation particulière entre le Japon et l’Afrique. Ceci apparait d’ailleurs dans la déclaration de Yokohama : «  Compte tenu des concepts de développement durable et de sécurité humaine, la mise en œuvre de la TICAD devrait être guidée par les dynamiques et les priorités de développement de l’Afrique. La TICAD doit donc s’aligner sur la vision africaine telle qu’elle est clairement exprimée dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA) et dans son Premier plan décennal de mise en œuvre ainsi que l’engagement pris au niveau mondial pour l’Agenda 2030 pour le Développement durable (ODD). »

Ainsi, les parties prenantes du sommet, sous l’impulsion du Japon, se sont engagées à soutenir l’Agenda 2063 de l’UA et ses programmes et projets phares en insistant sur l’Initiative « Faire taire les armes » en Afrique à l’horizon 2020 puisque que toutes reconnaissent que point de développement sans une paix durable.

En effet, malgré les progrès économiques notoires et l’espoir suscité par la ZLECAF, l’Afrique fait face à des défis qui se posent au niveau mondial et qui pourraient entraver et éroder les progrès qui ont été réalisés et pourraient freiner le progrès vers les objectifs et les aspirations de l’Agenda 2063 et de l’Agenda 2030 de l’UA. Conscientes de cette situation, les parties prenantes de la TICAD ont souligné leur détermination afin de consolider la paix et la stabilité dans le continent.

D’ailleurs, en dehors de la TICAD, le Japon a annoncé avoir mené des discussions globales sur les questions relatives au développement de l’Afrique lors de sa Présidence du G20.

Le Japon s’engage pour la promotion du ZLECAF sur le plan international

La TICAD 7 se tient dans un contexte global dynamique et en évolution rapide, où le continent africain a réalisé des niveaux de croissance économique appréciables et où les états africains ont senti la nécessité de mettre en œuvre la phase opérationnelle de la ZLECAf pour consolider l’intégration économique régionale et atteindre les objectifs visés par le Traité d’Abuja. Conscient de cela, les parties prenantes se sont engagées à œuvrer pour la réussite de la ZLECAf dans le but de favoriser un commerce plus inclusif et plus durable, moins tributaire des fluctuations des prix des produits de base en Afrique.

En effet, la ZLECAF vient à son heure car la jeunesse de la population africaine, l’urbanisation croissante du continent entrainant le changement des modes alimentaires, le développement des secteurs agricole et agro-industriel et la croissance soutenue des revenus des classes moyennes estimées à 300 millions d’habitants, entre autres,  créent d’énormes opportunités économiques dans les secteurs de transformation comme l’agriculture, l’industrie, l’infrastructure, l’énergie et les TIC. « L’agriculture et l’agro-industrie devraient se situer à mille milliards de dollars EU à l’horizon 2030 dans le secteur industriel, accompagnées de l’urbanisation et du changement des modes alimentaires qui créent des opportunités économiques. » peut-on lire dans la déclaration de la TICAD 7.

Ces atouts font du continent une destination attrayante pour les investisseurs qui y voient un potentiel énorme marché de consommateurs pour les produits alimentaires fabriqués localement et au plan international, des biens et des services. Raison suffisante pour que les parties prenantes se soient engagées à faire la promotion internationale de la ZLECAf  pour améliorer sa mise en œuvre.

Le japon plaide pour une meilleure représentativité de l’Afrique au Conseil de Sécurité.

Considérant le vécu de l’Afrique et sa situation actuelle au sein de cet important organe des nations unies comme injuste, le Japon se conforme à la position commune africaine consacrée dans le consensus d’Ezulwini et la déclaration de Syrte qui réclamait au moins deux sièges permanents avec toutes les prérogatives et privilèges des membres permanents, y compris le droit de véto, et cinq sièges non permanents.

En définitive, au terme des trois jours d’échanges et de débats approfondis qui ont animés le sommets sur les sujets phares de coopération pour le développement de l’Afrique, la « Déclaration de Yokohama 2019 », confinée dans un document qui servira de feuille de route des actions à réaliser, a été adoptée par les participants. Le texte a insisté sur l’importance de la coopération entre le Japon et l’Afrique dans les secteurs tels que les infrastructures, les investissements « acceptables » du secteur privée, les innovations technologiques, la préservation de l’environnement (changement climatique) et le développement des ressources humaines.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.