Transport: Les routiers, contre les nouvelles pratiques du pesage à l’essieu, exigent une concertation préalable avec les autorités

Depuis le mois de Mai, des routiers élèvent de plus en plus leur voix pour dénoncer le pesage à l’essieu tel que pratiqué en lieu et place des ponts bascule.

Selon une étude réalisée par la direction des routes du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, la surcharge à l’essieu coûte à l’Etat du Sénégal 45 milliards FCFA par an. Ainsi, pour le gouvernement du Sénégal, l’application du règlement 14/2005 de l’UEMOA permet des avancées décisives en matière de facilitation des transports et de préservation du patrimoine routier du pays. Ce règlement est relatif à l’harmonisation des normes et des procédures de contrôle du gabarit, du poids et de la charge à l’essieu, des véhicules lourds de transport de marchandises. En vigueur au Sénégal depuis 2012, la direction des routes a décidé depuis le 1er septembre 2019 sa mise en application unilatérale, qui avait toujours été différée, obligeant le pesage à l’essieu des camions alors que les professionnels du secteur exigeaient une concertation en brandissant l’arme de la grève, le cas échéant.

Cette nouvelle pratique exige à chaque camion le paiement d’une taxe fixée à 20000 francs CFA la tonne sur la surcharge par rapport à leur poids autorisé par essieu.

Non seulement cette somme est jugée onéreux par les routiers mais encore ils dénoncent ce nouveau mode opérationnel de pesage qu’ils ont du mal à comprendre et qu’ils jugent par conséquent injuste. Certains ne comprennent pas qu’on parle de surcharge puisque « la majorité des camions ont été modifiés et ont des conteneurs plus petites » déclarent-ils. Ce qui dénote une mauvaise communication auprès de ces derniers.

Pour rappel, Mai 2019, chaque camions était pesé sur pont bascule et taxé 2000Fcfa la tonne sur leur surcharge. Une première mesure, courant Mai,  qui avait fait passer cette taxe à 4000Fcfa la tonne, avait entraîné un mouvement d’humeur puis une grève non suivie par les routiers alors mal organisés qui ont fini par l’accepter.

Un mois après la tabaski, une deuxième mesure fixait la taxe à 20000Fcfa la tonne tout en changeant le mode de pesage à la place des ponts bascules : le pesage à l’essieu. Cette nouvelle pratique consiste à peser chaque essieu en lieu et place du camion en entier et à appliquer la taxe sur chaque surcharge enregistrée par essieu. C’est ce qui est jugé financièrement insupportable par les routiers interpellés à  ce sujet. Ils dénoncent un manque à gagner et des pertes considérables si la tarification n’est pas revue à la baisse. Ces pertes sont aussi liées au nombres de voyages par jour réduits à 2 au lieu des 4 habituels à cause de la lenteur notée lors du pesage due à la longue file d’attente et à d’intermittents dysfonctionnements.  » La file d’attente est longue et progresse lentement, le tableau d’affichage du pont n’affiche souvent rien du tout et personne ne nous informe des causes. » nous rapportent certains transporteurs.

Décidés à se faire entendre pour leur survie, après quelques mouvements d’humeur, ils sont passés à la vitesse supérieure en entamant une grève illimitée. L’entrée en lice de l’Union des Routiers du Sénégal causant d’énormes pertes au Port Autonome de Dakar a fini par pousser les autorités en la personne du Ministre à réagir en promettant d’appliquer la tarification antérieure.

C’est suite à cette décision qui entre en vigueur à partir de ce Lundi 23 Septembre 2019 que les routiers ont prévu de lever leur mot d’ordre de grève Mardi.

Cette grève a eu des conséquences néfastes sur l’économie du pays. Hormis le Port Autonome, beaucoup de chantiers de construction sont à l’arrêt ainsi que les activités au niveau des carrières. Par conséquent, aussi bien leurs ouvriers que les travailleurs des carrières sont au chômage technique.

En définitive, la mise en application du pesage à l’essieu et l’instauration de la taxe par l’Etat ne nécessitent-elles pas des études plus poussées et une concertation inclusive et sérieuse avec les routiers, en phase avec la mesure, avant toute décision finale ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.