Tunisie : « Je n’ai pas le droit de décevoir », affirme Kaïs Saïed dans son discours d’investiture

Après avoir prêté serment, le nouveau président tunisien Kaïs Saïed a prononcé mercredi 23 octobre son premier discours devant le Parlement, rapporte jeuneafrique.com. Une allocution aux accents tantôt solennels et fermes, tantôt rassembleurs.
 
Sous la coupole du Bardo, où flotte l’effervescence des grands jours, le protocole est scrupuleusement respecté. Anciens présidents de la République, nouveaux élus, présidents des corps constitués, dirigeants des instances nationales, diplomates, ainsi qu’une délégation parlementaire marocaine, composent un parterre trié sur le volet. La présence, au premier rang des convives, des représentants des trois religions monothéistes, ne passe pas non plus inaperçue.
Reçu par l’islamiste Abdelfattah Mourou, président par intérim de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Kaïs Saïed – impassible disent les uns, égal à lui-même ajoutent d’autres – prête solennellement serment, quatre-vingt-dix jours exactement après le décès du président Béji Caïd Essebsi, comme l’exigent les délais impartis par la Constitution. Le moment le plus attendu de la cérémonie est le discours d’investiture, qui donne traditionnellement le ton du mandat à venir.
 
 
Au-dessus de la mêlée
Le nouveau président, parfois décrit comme introverti, se plie à l’exercice avec aisance. D’emblée, il entend se placer dans une position supra-partisane, faisant du « peuple » son interlocuteur privilégié. Après un hommage aux « martyrs » de la révolution, il fait sienne les aspirations de ces derniers à davantage de liberté, de dignité et de justice sociale, qu’il promet de concrétiser. Et prend des accents lyriques pour décrire un scrutin qui, près de neuf ans après les premiers soulèvements, sonne comme une prise de conscience qui « a changé le cours de l’histoire ». « Je n’ai pas le droit de décevoir ces attentes », déclare-t-il.
 
En appelant à l’unité nationale dans la lutte contre le terrorisme, Kaïs Saïed endosse ensuite ses habits d’autorité. Il n’y aura aucun pardon, « même pour un centime dilapidé », lance-t-il, jurant qu’il sera impitoyable dans la lutte contre la corruption et ses dérives.

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